Courage du poète, Friedrich Hölderlin

Poème coup-de-cœur choisi par Marc-André Villeneuve

Tous les vivants ne sont-ils pas de ta famille ?
Et toi pour la servir par la Parque nourri ?
Alors va ! avance sans armes
Le long de la vie, ne crains rien.

Que tout te soit béni de ce qu’il adviendra,
Et tourné à la joie ! ou quelle peine, ô cœur,
Crois-tu qui pourrait te blesser,
Où tu dois aller quelle malencontre ?

Car l’hymne un jour est né sur les lèvres humaines
D’un souffle de paix, notre chant s’est prodigué,
Dans l’heur et le malheur réjouissant
Le cœur de l’homme, et depuis lors

Nous aimons, chantres du peuple, être auprès des vivants,
Joyeux dans leur foule assemblée, amis de tous,
Ouverts à tous; en vérité
Tel est notre ancêtre, le Dieu Soleil,

Qui donne à tous, pauvre et riche, le jour riant,
Qui dans le temps fugitif nous redresse,
Éphémères, et comme enfants
Nous tient par ses lisières d’or.

Lui, l’attendent, et quand l’heure est venue le prennent
Ses flots de pourpre; et vois ! l’astre sublime
Suit la route changeante et la suit
L’âme sereine jusqu’au déclin.

Que passe de même quand il en sera temps,
Qu’à l’esprit plus jamais ne failliront ses droits,
Qu’elle périsse au plus plein de la vie,
Notre joie, mais de cette belle mort !

Friedrich Hölderlin

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